Affaire Lyhanna : ce que l’on sait du profil très inquiétant de Jérôme B., mis en examen pour enlèvement
L’étau s’est resserré autour de lui. Le suspect arrêté samedi dans le cadre de l’enquête sur la disparition de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance (Gers), a été mis en examen lundi 1er juin pour «enlèvement» et «séquestration de mineure». Connu de la jeune fille et de sa famille, le profil de l’homme de 41 ans, qui a fait l’objet d’une plainte pour viol en mineurs à l’été 2025, se dessine.
Interpellé puis mis en examen

Jérôme B. a été interpellé et placé en garde à vue samedi avant d’être déferré lundi en fin d’après-midi devant le tribunal judiciaire d’Agen, où il a été transféré vers le pôle criminel. Dans la soirée, le quadragénaire a été mis en examen pour «enlèvement et séquestration de mineure de moins de 15 ans», a déclaré le procureur d’Agen, Olivier Naboulet. «Présenté au magistrat instructeur peu avant 20 heures, le mis en cause, au casier judiciaire vierge, n’a pas souhaité s’exprimer devant le magistrat, ni répondre à d’éventuelles questions», a précisé le magistrat dans un communiqué. L’homme a été placé en détention provisoire.
Les caméras de vidéosurveillance ont confirmé que la jeune fille était montée dans sa voiture vendredi après-midi. Le suspect a déclaré l’avoir déposée ensuite à la piscine de Fleurance. Des déclarations que la magistrate a «jugées incohérentes et imprécises». Il est en tout cas probable que la collégienne soit montée à bord sans contrainte, puisqu’elle connaissait le conducteur, père de deux filles dont une de 11 ans, amie de Lyhanna. Selon la mère de la collégienne disparue, le suspect lui apportait d’ailleurs «des goûters tous les jours».
Une plainte pour viol sur mineure déposée en 2025
Le nom de Jérôme B. était dans les tuyaux judiciaires depuis plusieurs mois déjà. En août 2025, une mère de famille s’était rendue dans une gendarmerie de Haute-Garonne en août 2025 pour dénoncer des faits de viols sur son enfant, amie de la fille du suspect, et âgée de 10 ans à cette époque. L’enfant avait confié à sa mère et le compagnon de cette dernière avoir subi des mois durant des pénétrations qui lui avaient «fait très mal» par Jérôme B, âgé de 41 ans. D’après le Parisien, ces violences se sont déroulées dans le Gers, raison pour laquelle le parquet de Toulouse a adressé le parquet d’Auch en novembre. Selon l’avocate de Jérôme B. son client n’a à ce jour «jamais été interrogé» dans le cadre de cette enquête.
Une soirée pyjama problématique
En début d’année, le suspect et son épouse, qui a relayé l’avis de recherche sur ses réseaux sociaux, avaient même accueilli la collégienne disparue à leur domicile de Montestruc-sur-Gers à l’occasion d’une soirée pyjama après laquelle la mère de Lyhanna «a coupé tout contact» avec l’intéressé. Ce dernier aurait eu un «comportement déplacé» avec sa fille, selon Me François Roujou de Boubée, l’avocat des parents de la disparue. Toujours d’après l’avocat, le père de famille a eu une attitude «ambiguë» avec Lyhanna qui en avait discuté avec ses parents. «On parle de chatouilles, on ne parle pas d’agression sexuelle pour l’instant. On parle de prendre par les hanches, on parle de prendre par les épaules, d’un comportement qui n’est pas mis à distance, alors qu’on est père de famille et père d’une amie», détaille-t-il.
«Elle nous avait dit qu’il s’était amusé à lui faire des chatouilles, qu’il avait pas mal joué avec elle. […] On a demandé si ça avait été plus loin. Elle nous a regardés un peu choquée, sans trop comprendre de quoi on parlait. Elle m’a dit que non, qu’il avait juste joué avec elle, comme un papa qui jouerait avec sa fille», a développé la mère de Lyhanna au micro de BFM TV.
Renvoyé du lycée où il travaillait

Un comportement qui interroge alors que le suspect aurait travaillé dans plusieurs lycées du Gers en tant qu’agent employé par la région Occitanie pendant trois ans. Selon la chaîne d’information en continu, en février 2021, le père de famille a été remercié par le lycée Lannes de la commune de Lectoure après une procédure disciplinaire. Celle-ci faisait suite à un signalement de la proviseure de l’établissement pour des comportements inappropriés avec une élève. Le mis en cause avait adressé des messages insistants à cette lycéenne sur les réseaux sociaux.
Après la disparition de Lyhanna, Jérôme B. a conservé un comportement normal. Vendredi soir, il était ainsi présent à la fête de l’école de sa fille de 7 ans dans sa commune de Montestruc-sur-Gers, comme l’ont rapporté plusieurs témoins.


