L’astuce d’un restaurateur pour éviter le gaspillage : il vend ses plats de la veille à 5 € et les clients adorent

L’astuce d’un restaurateur pour éviter le gaspillage : il vend ses plats de la veille à 5 € et les clients adorent

Si le restaurant Le Clos est apprécié des habitants de Chidrac (Puy-de-Dôme) et des environs, c’est pour ses régulières soirées fruits de mer à volonté et ses menus entrée-plat-dessert à 17,50 € en semaine. Mais aussi, depuis janvier 2026, pour les 10 à 20 plats à emporter à 5 € que les clients s’arrachent chaque matin. Si le gérant, Frédéric Gravier, peut proposer un tarif aussi attractif, c’est qu’il s’agit en fait des plats du jour qui étaient au menu la veille.

La solution fait du bien aux porte-monnaie des habitués de l’établissement qui peut accueillir 40 convives, sans compter les places en terrasse. Plusieurs dizaines de plats de viande ou de poisson sont donc préparés chaque jour. « On emballe ceux qui n’ont pas été commandés et le lendemain, dès 9 h, Loreen, la serveuse, indique sur un panneau ce qui est proposé », détaille le restaurateur de 48 ans.

On ne jette quasiment plus rien" : pour lutter contre le gaspillage, ce  restaurant du Puy-de-Dôme vend ses plats de la veille à 5 euros, les clients  hallucinent

Un engouement inattendu

Il est demandé aux personnes intéressées de venir acheter leurs plats à emporter avant le service du midi. Elles ont de toute façon intérêt à ne pas tarder car, comme le rapporte France 3 Auvergne Rhône-Alpes , les mets restent rarement disponibles longtemps. L’ampleur du succès a surpris Frédéric Gravier lui-même. L’offre fonctionne du mardi au samedi et concerne aussi parfois des entrées, vendues quant à elles autour de 3 €. C’est par exemple le cas de la macédoine au surimi.

Le Clos avait déjà proposé cette formule à son ouverture en janvier 2025 avant de l’abandonner. C’est un concours de circonstances qui a entraîné le retour de l’offre. « On a fait un très mauvais mois de janvier 2026 mais on préparait malgré tout un certain nombre de plats pour ne pas devoir refuser du monde au cas où, raconte Frédéric Gravier. On se retrouvait avec beaucoup de restes, d’où le retour des plats de la veille à emporter. »

Une organisation plus simple

Au début, le tarif changeait chaque jour en fonction du type de mets. C’est alors que le gérant est parti en vacances. « Je recevais des coups de fil tous les matins me demandant à quel prix on devait vendre tel ou tel plat, se rappelle-t-il. J’ai fini par décider d’un prix unique à 5 €. » Un prix défiant toute concurrence pour une portion de cordon-bleu maison accompagné de pâtes ou encore d’encornets au chorizo, de langue de bœuf ou de sauté de porc à la moutarde.

Le restaurant n’est pourtant pas perdant, assure le quadragénaire : « C’est de toute façon de la marchandise achetée et cuisinée qui partirait à 80 % à la poubelle si on ne la vendait pas le lendemain. À part l’emballage à acheter, il n’y a pas de frais supplémentaires. Et certains reviennent avec les barquettes rincées. » Les amateurs des plats de la veille ne sont pas ceux qui viendraient s’attabler en salle, il n’y a donc pas non plus de problème de concurrence.

Le gâchis est inenvisageable

Autre point positif, la possibilité d’être plus créatif dans les recettes et de caler les menus plus longtemps à l’avance. « On n’a pas besoin de réfléchir à la manière dont on pourra réutiliser certaines choses si on ne vend pas tout », explique Frédéric Gravier, qui voit dans sa démarche un dernier avantage qui lui tient à cœur : la réduction drastique du gaspillage. Pour le propriétaire du fonds de commerce, il n’est tout simplement « pas possible de jeter de la nourriture quand certains ne mangent pas à leur faim ».

Cet argument parle aussi aux clients, qui voient cependant aussi dans l’offre du Clos une occasion de manger chez eux un bon plat cuisiné sans avoir à le préparer. Une solution particulièrement pratique pour les personnes seules ou âgées, qui constituent d’ailleurs la majorité des amateurs des plats à emporter du restaurant. « Nous sommes situés entre la boulangerie, le bar et la supérette, précise le gérant. Les gens viennent faire leur course, passent par chez nous et repartent avec leur repas. Tout le monde s’y retrouve ! »